X Files, entre croyances et vérités

Présentation garantie sans spoilers

Dana Scully est assignée à Fox Mulder, confrère agent du FBI à la réputation d'être... perché. Et pour cause : génie du profiling, il s'occupe d'enquêtes non-élucidées dont la réponse se trouve selon lui dans le paranormal. Scully a pour objectif d'expliquer par A+B que les enquêtes de Mulder sont une perte d'argent car le surnaturel n'existe pas, mais son esprit rationnel et scientifique va être de plus en plus confronté à des situations inexplicables.

L'iconique duo va vivre des aventures aussi farfelues qu'exaltantes et dangereuses... et va, petit à petit, découvrir les sombres secrets du gouvernement qui menacent l'humanité entière.


Le générique d'X Files est extrêmement culte. Ses images sont étranges, sa musique est mystérieuse et angoissante. Néanmoins, cette source d'un certain malaise devient au fil des saisons une source de réconfort. À l'image de Bloodborne, plus on sombre dans le bizarre, plus on s'y sent chez soi. 

Même 30 ans plus tard, X Files est une série très spéciale...




Vue d'ensemble 

217 épisodes et deux films, c'est beaucoup. Et pourtant, aucun ne laisse indifférent. Certains épisodes sont meilleurs que d'autres, bien sûr, mais aucun n'est ennuyant ou sans intérêt, pour des raisons que je vais aborder au fur et à mesure de cet article.

La série est composée à deux-tiers d'épisodes de type "monstre de la semaine", qui fonctionnent indépendamment des autres et au cours desquels le duo fait face à une menace en particulier : aliens, abductions, ovnis et tout le tralala sci-fi, mais aussi monstres en tout genre, créatures issues de mythes du monde entier, menaces invisibles ou incompréhensibles, humains aux facultés surhumaines, ésotérisme, phénomènes paranormaux divers, etc.

Le dernier tiers de la série est composé d'épisodes de type "mythologie" : un fil rouge qui traverse les saisons et met à contribution quelques autres personnages clé, en développant grandement aussi bien l'univers que les histoires individuelles. Au programme : véritable invasion extraterrestre à échelle mondiale, vaste complot gouvernemental, société secrète élitiste, expériences sur humains et péripéties complexes où la confiance est aussi indispensable que dangereuse.


Une créativité à toute épreuve


Les épisodes "monstre de la semaine" sont très variés et regorgent de créativité, qu'ils soient mystérieux, horrifiques, glauques, pleins d'action ou au contraire plus atmosphériques. À cela s'ajoutent diverses expérimentations qui jouent avec les techniques de tournage et d'écriture pour faire sortir la série de ses propres codes. Pour n'en citer que quelques-uns : univers parallèles, voyages temporels, narration de la vie d'un personnage, épisode majoritairement en plan-séquence, double-épisode diffusé comme un film, pseudo-documentaire... L'humour et même l'autodérision sont également de mise. En effet, X Files sait se jouer de son statut de série à la fois populaire et intense et n'hésite pas à arrêter de se prendre au sérieux le temps de quelques épisodes, et le résultat est toujours au rendez-vous. Les épisodes expérimentaux, qu'ils penchent du côté sérieux ou du côté humoristique, font partie intégrante de l'ADN de la série. 

Les épisodes de la mythologie, eux, brillent dans leur complexité. Ils donnent beaucoup de profondeur à l'univers et forment une histoire passionnante, très dense mais tout à fait digeste, et mettent en lumière les quelques personnages récurrents mis en retrait durant les monstres de la semaine. 

X Files est véritablement bâti sur cette rotation entre épisodes indépendants et épisodes de la mythologie, entre intensité dramatique et délires humoristiques, entre construction conventionnelle et excentricités. Pour faire un parallèle avec le monde du jeu vidéo, X Files est comme Final Fantasy : la constance c'est le changement.

La force d'X Files, c'est de se renouveler et de redoubler de créativité, même quand c'est imposé par les aléas du tournage.

Par exemple, très tôt dans la série, l'actrice qui incarne Scully est tombée enceinte : au lieu de virer l'actrice ou prendre une longue pause dans le tournage, cette grossesse a été incorporée dans l'histoire, donnant naissance à un fil rouge majeur qui impactera toute la mythologie. Plus tard, c'est l'acteur de Mulder qui a dû s'absenter un certain temps. Au lieu de le virer ou d'arrêter la série après sa septième saison, la direction a décidé de garder l'acteur avec une présence réduite et d'écrire la série autour : nous voilà avec un autre fil rouge mythologique et deux nouveaux protagonistes qui prennent la relève, les agents John Doggett et Monica Reyes.

Vikings, Castle, et même des cultes comme The Office ou même Death Note selon certains... les séries qui chiffrent dans la centaine d'épisodes sont souvent trop longues pour leur propre bien, mais c'est encore pire si on retire le coeur. Souvent, les séries mêmes plus courtes qui continuent sans leur personnage principal ou qui changent de dynamique finissent par se casser la figure. Quand ce n'est pas une perte d'intérêt totale, c'est une baisse de rythme et des épisodes moins efficaces, moins mémorables, qui nous laissent une arrière-goût amer, un regret que ça ne s'est pas arrêté plus tôt. L'innovation et l'adaptation sont louables, mais encore faut-il que ce soit bien réalisé. 

Ici, il n'en est rien : les nouveaux personnages sont attachants et le changement de dynamique est intéressant. Pour nous, c'est un vent de fraîcheur qui aide à ne pas sombrer dans la monotonie, et pour nos protagonistes, c'est une occasion de grandir, de découvrir de nouveaux horizons, de voir les choses sous un autre angle. Réussir tout ça dans une série à plus de 200 épisodes et alors que ce n'était pas prévu ? C'est un impressionnant tour de force qui ne fait que renforcer mon avis qu'X Files est, si vous me permettez le double anglicisme, une masterclass de storytelling. 

La créativité se voit aussi dans les nombreux détails. Pour n'en citer qu'un : dans la saison 11, sur la tombe d'un personnage décédé en saison 1, la date de naissance est celle de l'acteur, tandis que la date de décès correspond au jour exact de la diffusion de l'épisode où les fans lui ont dit adieu. Ils auraient très bien pu mettre deux dates aléatoires correspondant vaguement à l'âge du personnage et à la chronologie fictive, mais non, ils ont choisi de mettre deux dates qui sont parfaitement cohérentes et qui sont des clin d'oeil directs au quatrième mur. Absolument brillant. 


Des personnages exceptionnels

    Fox Mulder & Dana Scully

X Files, c'est Fox Mulder et Dana Scully. Impossible d'imaginer la série sans eux ! 

Mulder est rêveur, facilement ouvert aux possibilités extrêmes, tout en accordant énormément de valeur aux preuves tangibles. Il ne croit pas, il veut croire - une importante différence qui est centrale au personnage. Mulder n'est pas juste le croyant de service qui gobe tout, il ne cherche qu'une chose : la vérité, quelle qu'elle soit. Son ouverture d'esprit n'est jamais un prétexte pour croire en des choses prouvées être fausses ou trop improbables pour être crédibles.

Scully est sceptique, c'est une médecin, une scientifique et un esprit rationnel. Néanmoins, il serait une erreur de la réduire à cet aspect, car elle a en réalité très clairement hérité de la pensée de mon mentor, Carl Sagan : sceptique mais pas cynique. Scully n'est pas juste la sceptique de service qui refuse de voir la vérité en face, elle est l'incarnation de la méthode scientifique, caractérisée aussi bien par de la rigueur que de l'ouverture d'esprit.

Ensemble, ils forment un duo qui fonctionne à merveille. Ils se complètent, s'entraident, se poussent l'un l'autre à se remettre en question et à grandir aussi bien sur le plan professionnel que personnel. Ils ont une alchimie folle, basée sur un respect mutuel et une admiration saine, qui deviendra par la suite une affection humaine à toute épreuve.

Mulder et Scully, c'est aussi une relation.

On sait tous que dans les séries, un homme et une femme qui travaillent ensemble finissent par coucher ensemble. Et c'est là que le génie d'X Files pointe encore une fois le bout de son nez : Mulder et Scully finissent effectivement en couple, mais seulement à partir de la saison 7. Avant ça, la série dépeint le duo comme partageant une affection très profonde mais résolument platonique. Si les câlins, les bisous sur le front et les mains enlacées se font de plus en plus nombreuses, il n'y a véritablement aucune tension sexuelle ou romantique à l'horizon. Voir en cette proximité physique autre chose que les marques d'une affection amicale profonde, forgée dans des sentiments intenses mais platoniques, serait une lecture terriblement réductrice de ces personnages - et de la complexité des sentiments dont n'importe quel humain peut faire l'expérience.

X Files nous a donné un couple qui met 7 saisons et 7 ans canoniques pour développer des sentiments amoureux et charnels. Et même quand ces sentiments sont là, ils ne prennent jamais le dessus sur leur amitié. Je n'ai jamais vu à l'écran une histoire d'amour qui a pris cette forme, ce cheminement. Dire que c'est rafraichissant serait l'euphémisme du siècle ! 


    Alliés & ennemis

La série est ponctuée par quelques personnages récurrents. Ils ne sont pas nombreux, et c'est tant mieux, car cela permet aux scénaristes de se concentrer sur qualité de leur développement et le poids de leur présence, tandis que nous, ça nous permet de ne pas nous y perdre et d'apprécier ces gens à leur juste valeur. 

Trois personnages en particulier sont indissociables de la série :

Mulder & Scully sont épaulés par leur supérieur, Walter Skinner. Les conflits entre lui et ses agents ne sont pas rares, alimentés par ses doutes personnels et sa position très délicate qui le pousse sans cesse à jongler entre les intérêts du FBI et ceux des protagonistes. Malgré cela, Skinner devient un véritable phare dans les ténèbres, il est de loin mon allié préféré et mon affection pour lui est à la hauteur de son affection indéniable pour mes deux agents préférés.

Les épisodes sont ponctués par les apparition du trio qui se surnomme les Lone Gunmen. Langly, Byers et Frohike sont trois amis inséparables... littéralement inséparables, puisqu'ils travaillent ensemble pour leur propre journal, mais aussi vivent ensemble dans leurs locaux. L'un est le cliché du geek hackeur rebelle et rockeur, l'autre est le cliché du journaliste conspirationniste qui se veut professionnel en tout instant, et le dernier est le cliché de l'excentrique expert de gadgets en tous genres, dont le cynisme est aussi grand que son coeur - ou que sa collection de vêtements en cuir, au choix. 

Initialement prévu pour apporter une simple touche d'humour lors d'un unique épisode (et l'un d'entre eux n'est même pas un vrai acteur !), le trio est rapidement devenu indispensable à l'expérience de la série (tellement qu'ils ont eu leur propre spin-off). Ils ont tous les trois des personnalités très différentes et très marquées, mais c'est unis qu'ils brillent le plus. Pour nos deux agents du FBI, leur synergie, aussi improbable qu'eux-mêmes, est l'assurance d'une aide précieuse apportée par de loyaux alliés. Pour moi, chacune de leur apparition est l'assurance directe d'un épisode remplis de sourire, d'humour et d'humanité.


Et pour finir, qu'est-ce qu'une série de conspiration sans ses méchants du gouvernement ? 

X Files a plusieurs antagonistes récurrents, mais un en particulier crève l'écran : l'homme à la cigarette, le Cigarette Smoking Man (CSM). C'est un homme terriblement complexe et magnétique, aussi insupportable que captivant. Œuvrant dans l'ombre, toujours bien habillé et doté d'une voix particulièrement douce, ses liens sont multiples et son histoire est inexorablement liée à de nombreux enjeux de taille. Sa personnalité, remplie de mystère, de dualités, de manipulation et de sentiments complexes (et d'un brin humour) sont centraux l'expérience de visionnage.

Difficile de savoir sur quel pied danser avec lui, certains l'adorent (moi, généralement) et d'autres le détestent (moi, parfois) mais une chose est sûre : ce n'est pas pour rien qu'il est le seul, avec Mulder et Scully, à apparaître aussi bien dans le tout premier épisode que dans tout le dernier. CSM a débuté comme personnage entièrement muet. Omniprésent dans les épisodes où il apparaît, il ne prononce que quatre mots dans la première saison. Réussir à être aussi intéressant par le seul langage corporel et la mise en scène, puis réussir à dérouler sa personnalité et son histoire tout en conservant son aura mystérieuse et intimidante ? Une véritable prouesse d'écriture et d'acting. Au risque de paraître trop hyperbolique, je pense que CSM est un joyau à lui tout seul.


Thématiques

X Files aborde un grand nombre de phénomènes paranormaux en plus des aliens et ovnis qui ont fait la réputation de la série, mais on y retrouve également de nombreux thèmes adjacents, des questionnements éthiques, des réflexions réelles sur la croyance, la science, le complotisme, la vérité et les mensonges, la rigueur et l'ouverture d'esprit, les responsabilités à diverses échelles, la loyauté, l'autorité, les technologies, les avancées sociales, les événements politiques...

Et je me suis dis, qui de mieux que X Files pour parler de lui-même ? "La vérité est ailleurs", "je veux y croire" et "ne fais confiance à personne" sont trois répliques cultes, qui résument bien la série, mais il y a tant de citations marquantes ! Voici donc une sélection de mes citations préférées (sans aucun spoiler et traduites par moi-même) :

"Les choses n'arrivent pas en contradiction avec la nature, mais en contradiction avec ce qu'on sait d'elle"

"Je n'ai pas le temps pour votre opportune ignorance"

"Partir à la recherche des possibilités extrême vous rend aveugle à l'explication la plus probable, déjà sous vos yeux"

"Sommes nous seuls ? Bon dieu. Douter de la vie extraterrestre est bien plus qu'une défaillance de l'imagination, c'est l'échec de la reconnaissance de notre propre stupidité, de la jeunesse de notre science, de la simplicité de nos outils. On écoute, on cherche. On espère recevoir un signe, comme si nos yeux et oreilles étaient suffisamment aptes à les comprendre, comme si nos cerveaux étaient suffisamment développés, comme si on était suffisamment modeste"

"Chaque minute de chaque jour est faite de choix. Qui on est, qui on pardonne. Qui on défend et protège. On choisi sans cesse entre prendre parti ou rentrer dans le rang. Ou bien on cherche le juste milieu, on marche en équilibre entre ce qui est et ce qui devrait être"

"Plusieurs aspects de cette enquête restent inexpliqués, suggérant l'existence de phénomènes paranormaux. Néanmoins, je suis convaincue qu'accepter une telle conclusion reviendrait à abandonner tout espoir de comprendre les phénomènes scientifiques qui sont en jeu. Cette incertitude n'a fait que renforcer ma soif de connaissance, mon désir de comprendre ces événements et de les expliquer par la raison, au combien ils la défient"

"Avec le temps, j'ai compris que quand les imposteurs sont suffisamment nombreux, ils n'ont pas peur de la vérité. Si je suis coupable, mon crime est d'avoir eu l'audace de croire que la vérité éclatera au grand jour et qu'aucun mensonge ne peut subsister indéfiniment. Vous pouvez toujours essayer de l'enterrer, mais la vérité est là, quelque part. Plus noble que vos mensonges, la vérité veut être connue. Et vous y ferez face vous aussi."

Bien sûr, il ne faut pas oublier que c'est une série fictive, qui part du principe qu'un bon nombre de phénomènes paranormaux, que les invasions extraterrestres et que les vastes complots gouvernementaux existent bel et bien. Il n'empêche que ces citations, et bien d'autres encore, sont d'une justesse phénoménale, d'un intérêt réel. Si on n'est pas d'accord avec le propos, au moins elles auront eu le pouvoir de nous arrêter deux secondes pour réfléchir à ce qu'on pense. Peu de séries peuvent se vanter d'une telle écriture.


Saut dans la modernité

La série a duré de 1993 à 2002... puis elle est revenue avec un film en 2008 et surtout avec un reboot diffusé de 2016 à 2018. Ces 16 derniers épisodes sont l'occasion parfaite de voir notre duo dans un contexte bien plus moderne, avec tout ce qu'un tel bond dans le temps implique : ère surconnectée, changements socio-politiques importants, exploration spatiale, terrorisme, évolutions au sein du FBI, et 14 ans de parcours personnel en plus.


Tant de séries ont proposé des reboots qui n'ont pas marché, surtout après autant d'années d'absence, mais là encore X Files réussit avec brio. Les épisodes sont tout aussi bien ficelés et réalisés qu'avant, le bond dans le temps est extrêmement intéressant tout en n'oubliant jamais les enjeux du passé et le chemin parcouru, et la mythologie bénéficie de quelques derniers ajouts et révélations avant de se conclure d'une manière bien fidèle à l'esprit de la série : avec beaucoup de drame, mais non sans une lueur d'espoir tournée vers le futur... et une certaine dose de mystère.


Une série culte à juste titre

X Files est une série longue, débutée il y a 30 ans. Je savais que je devais m'attendre à de la science-fiction un peu vieillotte dans un authentique décors 90's (qui d'ailleurs me plonge totalement dans Control), mais je n'en savais vraiment pas plus, en dehors d'un monologue inséré dans le sublime All Roads Lead Home de Light Field Reverie, un extrait où un vieillard parle de trucs incompréhensibles. Et maintenant ? Cette chanson m'est plus magique que jamais...

J'ai accroché - non, j'ai été scotchée - du tout début à la toute fin. Chaque épisode est unique, les ambiances et thématiques sont variées, de très nombreux épisodes sont inoubliables et magistralement bien écrits et réalisés, la mythologie est passionnante, les personnages sont très détaillés, nuancés et terriblement attachants, et les citations marquantes sont très, très, très nombreuses. Et comme si tout ça ne suffisait pas : X Files est la seule série au monde qui m'a donné envie de replonger dans le premier épisode à la seconde où j'ai terminé le dernier, une tentation à laquelle je n'ai pu résister que quelques petits jours et qui témoigne de l'incontestable grandeur de cette oeuvre.

Le petit bonus qui fait incroyablement plaisir : en prenant en compte que c'est une série qui se concentre largement plus sur ce qui arrive aux gens plutôt que sur les gens eux-mêmes, les personnages qu'on peut interpréter comme queer ne sont pas rares, et encore mieux, ceux qui le sont officiellement ne sont pas rares non plus et ils sont majoritairement présentés sans tabou et écrits avec une justesse, une humanité et une clarté que aucune série que j'ai pu voir (à un Walking Dead près) n'a réussi à faire.

En fait, c'est simple : X Files excelle en tous points.




Commentaires

  1. C'est marrant que tu parles de cette série , je pensais justement à cette série hier soir et avait dans l'idée de la (re)visionné ☺️ je suis sûre que je l'apprécierais d'autant plus lorsque j'étais adolescente !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, sacré timing dis donc ! Bon revisionnage si tu te lances ! :D

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Un petit mot ?